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| La processionnaire du pin et du chêne sont des fléaux à la fois pour les arbres (affaiblissement) et pour les hommes (aspect allergique très développé). "Chenilles à la queue leu leu tu approcheras, allergie gratouillante tu feras" La processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa, Lépidoptère Notodontidae) BIOLOGIE : La "processionnaire du pin", Thaumetopoea pityocampa, est un papillon nocturne de la famille des Notodontidés. La chenille se développe de préférence sur le Pin noir d'Autriche, le Pin laricio, et le Pin maritime. À l'occasion elle peut se rencontrer sur le Pin sylvestre, le Pin d'Alep, et plus rarement sur les Cèdres. Elle est surtout connue pour le caractère extrêmement urticant de ses poils, et par le fait que ces dernières se déplacent toujours à la queue leu leu, d'où le nom vernaculaire de "processionnaire" donné à ce papillon. Les chenilles éclosent environ 1 mois et demi à 2 mois après la ponte. Elles se nourrissent des aiguilles des pins et du feuillage des arbres, elles restent reliées entre elles par un fil de soie. Au cours de leur croissance, les chenilles changent de couleur et ont de plus en plus de poils (Jusqu’à 1 million). Ceux-ci sont très urticants et considérés comme dangereux pour l'homme et les animaux domestiques tels que le chien. Chaque poil est relié à une glande à venin, lorsque le poil se casse, le venin se libère. Son venin a la propriété de détruire les tissus provoquant ainsi des nécroses. Les chenilles construisent un abri de soie en Automne et passent l’hiver au chaud en sortant la nuit pour se nourrir. Au printemps, la colonie quitte l’abri et se dirige vers le sol. Elles trouvent un endroit bien ensoleillé et elles s’enfouient dans des trous. Puis, les processionnaires tissent des cocons (enveloppe soyeuse) et se transforment en chrysalides. (Forme intermédiaire entre la chenille et le papillon) Au bout de quelques mois, les chrysalides se métamorphosent en papillon (Toujours sous la terre). Le danger des chenilles processionnaires provient de leur manipulation qui entraîne la libération du venin après que les poils se sont rompus. Ce venin a la capacité de détruire les tissus (on parle de nécrose tissulaire). Il faut également préciser que le simple fait de se tenir au-dessous d'un nid de chenilles processionnaires est suffisant pour présenter les signes suivants : Symptômes * Irritation accompagnée d'un prurit (démangeaison) plus ou moins important. * Présence de lésions oculaires parfois très graves (généralement chez enfants en bas âge Survenue d'un œdème au niveau de la langue (œdème lingual). * Signes d'asthme. * Pour un chien, le fait d'avaler une chenille processionnaire peut être mortel. En effet ce geste est parfois à l'origine d'une nécrose (destruction) de la langue à l'origine d'une impossibilité de boire. Evolution * La réaction, heureusement rare, mais susceptible de survenir après contact ou réaction allergique grave, due à la proximité d'un nid de chenilles, est susceptible d'évoluer vers un état de choc se traduisant par l'impossibilité pour les principaux organes d'assurer leur fonction vitale. Il est alors nécessaire de réagir très rapidement car la vie du patient est en danger. Traitement * En cas de lésions buccales, et particulièrement chez les jeunes enfants, il est nécessaire de pratiquer un nettoyage immédiat de la bouche (avec un gant humide), et de demander une consultation en urgence. Le spécialiste, lors d'un examen soigneux, va rechercher un éventuel développement d'une lésion à l'origine d'une destruction de tissu. Un traitement par corticoïdes (cortisone) est indiqué dans certains cas, en particulier en présence d'un œdème lingual. Le contact du venin de la chenille processionnaire avec l'œil exige un rinçage immédiat à l'eau claire, pendant quelques minutes. Chez un asthmatique, le médecin prescrira des antihistaminiques. La processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea) La processionnaire du chêne est un ravageur spécifique des chênaies à feuilles caduques. Les chenilles de ce lépidoptère peuvent occasionner des défoliations importantes, surtout visibles de juin à mi-juillet. Par ailleurs, elles sont redoutées pour les urtications qu’elles provoquent chez l’homme, ainsi que chez les animaux domestiques et sauvages. Les chenilles de processionnaire du chêne agissent fréquemment de concert avec d’autres déflorateurs, et il n’est pas toujours facile à la seule observation des arbres de bien identifier le ou les responsables des dégâts. BIOLOGIE : La processionnaire du chêne est commune en Europe centrale et du Sud (Espagne, Italie). En France, ses pullulations périodiques sont connues dans différentes régions (notamment Alsace, Bourgogne, Île-de-France, Centre, Poitou-Charentes et Midi-Pyrénées). Les papillons, nocturnes, volent au cours de l’été, de fin juillet à mi-août selon les régions. Après l’accouplement, les femelles déposent leurs pontes sur de fines branches, au sommet des arbres bien dégagés. Chaque ponte (100 à 200 œufs) est formée de rangées juxtaposées d’œufs qui n’écloront qu’au printemps suivant. La vie larvaire de l’insecte dure de 2 à 3 mois au cours desquels se succèdent 6 stades. L’éclosion des œufs a lieu courant avril, en général au moment du débourrement des chênes. Les chenilles se dirigent en procession vers les extrémités des rameaux où elles s’alimentent aux dépens des jeunes feuilles. En cas de retard du débourrement provoqué par un refroidissement climatique, elles restent groupées et immobiles, attendant l’apparition des feuilles. L’activité alimentaire des chenilles est crépusculaire à nocturne. Pendant la journée, elles se rassemblent sur les feuilles et les rameaux, et confectionnent un tissage soyeux très léger dans lequel elles d’abritent et qu’elles abandonnent après chaque mue. Dès la fin du jour, elles gagnent le feuillage en procession ou en « troupeau », laissant derrière elles un réseau de fils. En été, à la fin du cinquième stade larvaire, les chenilles tissent un nid plus résistant composé de fils soyeux mêlés de déjections et d’exuvies (mues desséchées de chenilles). Ce nid, plaqué sur les troncs et les branches maîtresses, peut atteindre une taille importante en période de pullulation (1m de long et plus). Il contient les tissages individuels renfermant les chrysalides. Les adultes apparaissent 30 à 40 jours plus tard. Les chrysalides présentent parfois un arrêt de développement qui peut reporter la sortie des adultes d’une année (diapause renforcée). Dynamique des populations : Les populations de la processionnaire du chêne se manifestent sous forme de gradations, l’insecte pouvant pulluler 1 à 3 années de suite. Entre deux culminations, parfois espacées de nombreuses années, les chenilles sont discrètes bien qu’elles puissent occasionner localement des urtications. Le développement des populations de processionnaires du chêne est conditionné par des nombreux facteurs. Un cortège de parasites, prédateurs et maladies agit sur les œufs, les chenilles, les chrysalides et les papillons tout au long du cycle de développement de l’insecte. Par ailleurs, les gels de printemps peuvent détruire les jeunes feuilles, et réduire la quantité et la qualité de la nourriture disponible pour les jeunes chenilles, contribuant ainsi à une certaine mortalité. Le dénombrement hivernal des pontes permet une estimation locale des risques de défoliation, mais constitue une méthode lourde à mettre en œuvre. Dégâts sur les arbres Sauf cas exceptionnel de disette, les chenilles consomment essentiellement les feuilles des chênes caducifoliés. En forêt, la processionnaire du chêne se développe de préférence dans les peuplements clairs et en zone de lisière, mais en cas de pullulation elle peut coloniser des zones forestières de pleine futaie où elle provoque dans des secteurs de taille variable des défoliations qui peuvent être à l’origine de réductions de croissance. Elle peut consommer la première et la deuxième pousse de l’année, occasionnant jusqu’à la mi-juillet des défoliations dites tardives. Lorsque le feuillage n’est pas suffisamment développé, l’alimentation des chenilles peut se traduire par la destruction des inflorescences. En général une défoliation, même totale, ne provoque pas directement la mort des arbres atteints. Cependant, après de fortes défoliations répétées sur plusieurs années ou en présence d’importants facteurs complémentaires de stress, l’affaiblissement des chênes pourrait parfois conduire à des dépérissements avec attaques par des ravageurs secondaires (agriles, scolytes, etc…) ou des pathogènes. Risques pour l'homme Le principal risque concerne l’homme !! la présence des chenilles dans les secteurs fréquentés (travaux forestiers, zones urbaines, sites touristiques) provoque en effet des urtications et chez certaines personnes sensibles des réactions allergiques qui peuvent être sérieuses. Les chenilles portent de longs poils « d’ornementation » blancs et soyeux, qui leur donnent un reflet gris argenté à contre-jour. Une observation attentive montre en outre l’existence de petites poches qui apparaissent à partir du troisième stade larvaire et qui sont situées sur la face dorsale des segments abdominaux. Au fond de ces poches, que la chenille peut ouvrir lorsqu’elle est inquiétée, se forment des milliers de poils microscopiques (100 à 250 microns), hérissés de barbilles comme des harpons. Seuls ces minuscules poils sont urticants. Ils contiennent dans un petit canal intérieur fermé une protéine urticante, la « thaumétopoéfine », qui est sécrétée par des glandes sous-épidermiques. Ces poils très légers peuvent être emportés par le vent et se ficher dans la peau ou les muqueuses. Par frottement ils se cassent, la libération du venin provoquant des démangeaisons très vives. Le zones de transpiration et les muqueuses, naturellement humides, sont les plus touchées (bouche, aisselles, yeux, etc.). Lors des contacts directs avec les nids et les chenilles, ce sont des milliers de poils urticants qui peuvent entrer en action et provoquer des troubles graves (œdèmes, accidents oculaires, vertiges, etc.), nécessitant le recours à un médecin (prise de médicaments antihistaminiques). Si des animaux domestiques sont touchés (en particulier lorsque les cavités buccale ou rétinienne sont atteintes), il est nécessaire de consulter un vétérinaire. Les risques d’urtications peuvent se prolonger toute l’année et au-delà. Les poils urticants conservent leurs propriétés d’autant plus longtemps qu’ils sont à l’abri de l’humidité, en particulier dans leurs « nids »tissés par les chenilles. Ces nids conservent leurs capacités urticantes plusieurs mois, voire 1 à 2 années, c'est-à-dire bien après la disparition des dernières chenilles. Les animaux domestiques ou d’élevage sont aussi très sensibles aux poils urticants. En cas de réactions allergiques : Attention ! L’allergie peut se déclencher en dehors des périodes de pullulation des chenilles car les poils conservent longtemps leurs propriétés urticantes. Il est préférable de consulter un médecin, les réactions pouvant être violentes. Exposition aux chenilles processionnaires - les symptômes Les poils urticants se terminent en pointe et portent à leur extrémité de petits crochets. Ils se détachent facilement de la chenille lors d'un contact ou sous l'effet du vent. Par leur structure particulière, ces poils s'accrochent facilement aux tissus (la peau et les muqueuses) y provoquant une réaction urticarienne par libération d'histamine (substance aussi libérée dans les réactions allergiques). Ceci est à l'origine des symptômes suivants : Contact avec la peau Apparition dans les huit heures d'une éruption douloureuse avec de sévères démangeaisons. La réaction se fait sur les parties découvertes de la peau mais aussi sur d'autres parties du corps. Les poils urticants se dispersent aisément par la sueur, le grattage et le frottement ou par l'intermédiaire des vêtements. Contact avec les yeux Développement après 1 à 4 heures d'une conjonctivite (yeux rouges, douloureux et larmoyants). Quand un poil urticant s'enfonce profondément dans les tissus oculaires, apparaissent des réactions inflammatoires sévères avec, dans de rares cas, évolution vers la cécité. Contact par inhalation Les poils urticants irritent les voies respiratoires. Cette irritation se manifeste par des éternuements, des maux de gorge, des difficultés à déglutir et éventuellement des difficultés respiratoires dues à un bronchospasme (rétrécissement des bronches comme dans l'asthme). Contact par ingestion Il se produit une inflammation des muqueuses de la bouche et des intestins qui s'accompagne de symptômes tels que de l'hypersalivation, des vomissements et des douleurs abdominales. Une personne qui a des contacts répétés avec la chenille processionnaire, présente des réactions qui s'aggravent à chaque nouveau contact. Dans les cas sévères, il peut y avoir un choc anaphylactique mettant la vie en danger (urticaire, transpiration, œdème dans la bouche et la gorge, difficultés respiratoires, hypotension et perte de connaissance). Traitement - Symptômes généraux Les personnes qui, en plus des signes locaux, présentent des symptômes généraux tels que malaise, vertiges, vomissements, doivent être dirigées vers un hôpital. Peau * Oter tous les vêtements et les manipuler avec des gants. Les vêtements seront lavés à température la plus élevée possible et séchés au séchoir. * Laver la peau abondamment à l'eau et au savon. * On peut éventuellement se servir de papier collant pour décrocher les poils urticants de la peau, un peu à la manière d'une épilation. * Brosser soigneusement les cheveux si nécessaire. * Les antihistaminiques peuvent soulager les démangeaisons. Consultez un médecin en cas de forte éruption cutanée. Yeux Les yeux doivent être rincés, de préférence chez un ophtalmologue après application d'une solution anesthésique locale. Après le rinçage, un examen minutieux des yeux exclura la présence de poils urticants résiduels. Les poils profondément ancrés dans les tissus oculaires doivent être ôtés chirurgicalement. Voies respiratoires L'évaluation des symptômes respiratoires se fait par un médecin. Celui-ci donne un traitement adapté aux symptômes. Le traitement comporte des antihistaminiques et/ou des corticoïdes et des aérosols ou des nébulisations. Système digestif Diluer la quantité de poils ingérés en buvant un grand verre d'eau. On peut tenter d'enlever les poils de la muqueuse de la bouche en raclant prudemment à l'aide d'une spatule ou d'une compresse ou en les "épilants" à l'aide de papier collant. Une endoscopie sous anesthésie générale est souvent nécessaire pour extraire les poils urticants profondément ancrés dans les muqueuses de la bouche, de la gorge ou de l'œsophage. Prévention Les personnes précédemment atteintes par la chenille processionnaire doivent éviter tout nouveau contact, des réactions de plus en plus sévères sont à craindre. Ceci est particulièrement important pour les personnes qui, de par leur profession, fréquentent régulièrement des lieux infestés. L'éviction peut se faire par le port de vêtements de protection : gants et bottes de caoutchouc, combinaison de protection étanche, masque et lunettes anti poussières. Les poils urticants sont facilement dispersés par le vent. Dans les régions où sévissent les chenilles, certaines précautions sont recommandées : * Ne pas sécher le linge dehors de mai à septembre. * Laver soigneusement les légumes du jardin. * Arroser la pelouse pendant quelques jours avant de la tondre pour que les poils urticants soient entraînés dans le sol. * Ne pas laisser jouer les enfants à proximité d'un arbre atteint. A distance, les munir de vêtements à longues manches, de pantalons, d'un couvre-chef et éventuellement de lunettes. LUTTE : « N'essayez en aucun cas d'éliminer vous-même les chenilles processionnaires. L'utilisation sans discernement d'insecticide ou de nettoyeur à haute pression peut créer davantage de problèmes. L'effet irritant des poils persiste plusieurs années après la disparition des chenilles. Quand le traitement anti chenille disperse des poils dans l'environnement, ces poils peuvent causer des problèmes pendant des années. La lutte contre les chenilles processionnaires est une affaire de professionnels ! » Il est nécessaire de faire supprimer les « nids de chenilles » sans attendre la survenue d'un éventuel accident !! La technique consiste à pulvériser un insecticide sur le feuillage en cas de forte infestation. Produits conseillés : * K-OTHRJNE 1,5 CE à base de deltaméthrine. * DIMILIN à base de diflubenzuron. * Insecticides biologiques. Il faut faire attention à ne pas toucher les chenilles (y compris avec des gants) !! |